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L'un des chevaux de bataille de la droite est la réforme des retraites.
On nous explique que le système de retraite par répartition va s'effondrer car la population vieillit et qu'il y aura trop de vieux inactifs pour pas assez de jeunes actifs. Cela est vrai.
Mais on se méprend sur l'origine du problème !
Je pense que le système de retraite par répartition est un bon modèle, il permet d'assurer une véritable solidarité entre les générations, c'est un véritable modèle social. Inversement le système de retraite par capitalisation est profondément égoïste et injuste, dans la mesure où quelqu'un qui n'aurait pas eu les moyens de mettre de l'argent (à cause d'un trop faible salaire, pas d'une paresse crasse) de côté serait contraint à la misère à un âge de la vie où on mérite un minimum de repos. Par ailleurs la capitalisation suppose une forte accumulation de capital qui se transmet de génération en génération, ce qui met en place des rentiers, dont la nuisance sociale est prouvée par des siècles d'observations.
Mais alors si l'origine du problème n'est pas le système, à qui la faute. La faute à la démographie ! Le vieillissement de la population est du à deux effets : d'une, les progrès de la science, qui allongent la vie et de deux, la baisse de la natalité, qui est un effet culturel de la société créé par :
- la volonté des femmes de s'impliquer plus dans leur vie professionnelle (encore trop souvent plus parce que les revenus du mari ne suffisent pas forcément à faire vivre le ménage que par une réelle volonté de faire carrière)
- l'angoisse de voir grandir ses enfants dans un monde incertain (du coup on ne fait plus d'enfants)
- l'égoïsme qui devient une valeur phare de notre société (pourquoi faire des enfants qui vont m'empêcher de voyager/profiter de la vie ?)
Le véritable problème, c'est que les vieillards ultra-riches qu'on nous pousse à devenir ne pourront pas vivre avec leur seul capital. Il faudra bien des plus jeunes pour nous aider à marcher, à manger, à nous coucher.
Ainsi, plutôt que de se retrancher dans l'égoïsme, il faut partager. Partager pour redonner confiance à tous les hiommes que la société peut les mener vers des jours meilleurs. Ainsi la démographie repartira et il y aura toujours des jeunes actifs pour créer des richesses et les partager avec l'ensemble de la population. Puis ces jeunes deviendront vieux et tireront les bénéfices de l'"investissement" qu'ils ont fait en partageant avec leurs enfants et petits-enfants.
Cela étant dit, la population continue à vieillir, la pyramide des ages française est déséquilibrée, sa base se rétrécit trop. S'il faut relancer la démographie, il faut également prendre des mesures transitoires pour compenser ce déséquilibre. Car le système de répartition ne fonctionne vraiment bien que quand la pyramide est à peu près équilibrée. Il faut donc des mesures transitoires. Mais j'insiste sur le transitoire. Il ne faut pas casser notre beau système arce qu'il a quelques ratés. Il faut rajouter un peu d'huile dans le moteur, pour qu'il se remette à fonctionner à plein régime.
Or on voit un frémissement de mieux : la natalité française repart, c'est l'une des plus dynamiques d'Europe. Pourquoi ? C'est peut-être bien le fait de l'exception française : le système social français, pas encore complètement détruit par la droite, rassure les français, qui ont un peu plus confiance en l'avenir, et donc font des enfants. Or les enfants sont notre bien le plus précieux !
Arrêtons de ne regarder que le PIB comme indicateur de notre développement, car c'est plutôt une preuve de notre sous-développement intellectuel. Je milite pour le bonheur comme indicateur de développement.
En France, la campagne électorale fait rage. Les candidats ou candidats à la candidature nous répètent à l'envi qu'il vont nous rendre heureux en augmentant le pouvoir d'achat des Français. Et pour cela il faut de la croissance, un PIB toujours plus haut !
Tout ceci est bien gentil et part d'une bonne intention, mais je reste critique...
D'une le PIB mesure un flux et pas un état : l'augmentation du PIB montre qu'on a dépensé plus, pas qu'on a gagné plus : ainsi si je casse ma voiture, j'augmente le PIB. En effet, je vais devoir payer pour la faire réparer, alors que si je ne la casse pas, je vais juste payer pour l'entretenir. Mais au final, je n'ai jamais que l'usage de ma voiture. Même dans le cas où je casse ma voiture, j'augmente le PIB, mais je suis malheureux de devoir consacrer mes ressources à faire réparer ma voiture...
Deuxièmement, la croissance est un objectif dangereux ! Dans un monde où les ressources sont limitées (la quantité de pétrole et de métaux extractibles, de l'eau potable utilisable, etc. est finie), la croissance signifie qu'on accélère la consommation de ressources et donc qu'on rapproche le moment où elles viendront à manquer. La conclusion, c'est qu'il va falloir un jour apprendre à gérer la décroissance, et si possible très bientôt... maintenant.
On va donc vers une diminution du pouvoir d'achat. Mais est-ce que ça pose un vrai problème ?
Si le pouvoir d'achat, c'est le droit d'acheter une TV toujours plus sophistiquée pour m'abrutir et me pousser à acheter du Coca-Cola et le dernier modèle de TV, alors je n'y vois pas d'intérêt... Inviter des amis à partager un repas ou même juste pour discuter, se promener dans le parc à côté de chez soi, voila des petits bonheurs simples qui peuvent remplacer gratuitement ce que me propose le pouvoir d'achat. Je pense personnellement voyager beaucoup mieux en lisant Hemingway qu'en faisant un séjour dans un Club Méditerranée en Thaïlande ou un quelconque voyage oagnisé à l'autre bout du monde (et le plus loin possible, parce que ça fera baver les voisins)
Alors voila, ceci est un avis en direction des politiques : arrêtez de nous bassiner avec le pouvoir d'achat et promettez-nous, donnez-nous du bonheur !
